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Mercredi 28 février 2007
 
 
  Aujourd'hui les belles lignes de Mahina et Lilounette.Encouragez-les!
 
 
Le petit miroir 
 
Si la rose est une fleur, et la fleur une chose, est-elle une petite chose, quand le regard d’un homme sur elle se pose ?
Au gré d’une aventure il pénètre dans les roseraies du Parc Floral, face à un
panorama, des roses, rien que des roses, reines des fleurs. Des tâches de toutes couleurs s’étirent et se perdent dans les allées confuses, que seule l’immensité du ciel lumineux domine. Là, c’est le paroxysme de la séduction.
Il s’avance auprès d’un massif beige rosé, à peine éclos, fixant avec insistance l’une d’entre elles. Son regard se fige, langoureux, envoûtant.
Elle, tête inclinée sur une collerette encore perlée de rosée, timide et frêle dans sa robe délicate et bien boutonnée, est en admiration .Il baisse les yeux dessus, cherchant à découvrir un corps qui refuse de se dévoiler. De l’index il contourne son cou, mais elle ne bouge toujours pas, docile. Devinant un consentement ,il prend délicatement  son visage entre ses mains pour ne pas la froisser , ses lèvres s’en approchent  Et il se grise ,inondé par la  fraîcheur d’une tendresse infinie, au  parfum sublime ,s’ essuyant le front, moite, lorsqu’il perçoit en se penchant  dans le creux de son corsage, qu’il ose entrouvrir , la pointe d’un sein tout rosé .Oui, elle serait bien saumonée celle-là! .Laissons là se reposer encore un peu de ce geste  qui l’a effarouché,  un bouton de rose qui  s’éveille est toujours  prometteur  .
Et, elle le regarde attendrie disparaître dans la rue du Bosquet aux Elites, où sont les aventureuses, les feux follets, les pulpeuses…..
Mais il revient rapidement sur ses pas, sans hésitation,  c’est de  celle-là qu’il veut, pas  d’une autre. C’est vrai, il ne peut  l’ignorer tant  elle s’impose de grâce et d’élégance, différentielle par la hauteur de sa tige bien  verte  et rigide, affirmant sa maturité .Trop belle, trop ensorceleuse .Il a suffit de quelques rayons de soleil pour qu’elle dévoile un coeur gorgé de désirs.Son parfum de plus en plus puéril  le fait  succomber. Tant de tentation, qu’ il  l’attire à lui, irrésistible. Il crispe sa main sur le corps élancé, qui résiste, se tort, s’affaisse, se relève. Il en devient sauvage, et la déchire. Elle s’agrippe entre ses doigts, et cède, laissant choir quelques épines qui le blessent. Entre eux, ce n’était qu’un jeu.
Et lui s’en est allé, loin, plus loin …
Les feux de sa robe saumon consumés, les pétales  s’étiolent à leur tour, froissés.
…Si quelques jupons se sont envolés, brûlés par le soleil témoin ,les autres amassés, ont été déposés dans un coffret minuscule, tout doré,à l’intérieur velours bordeaux , qui s’ouvre sur un petit miroir. 
 
Mercredi 28 février 2007

Les retrouvailles ont été si belles.....Il est arrivé un soir d'été, au soleil couchant, apparu à l'improviste, rien ne laissait présager sa venue.
Leurs regards se sont croisés; en silence, que de mots se sont-ils dit, en l'espace de quelques secondes qui leur a paru une éternité! Elle ne pouvait détache son regard de ces yeux bleus comme l'océan, attendus si longtemps, espérés...Leurs mains se sont cherchées, que de messages peut-on faire passer dans une simple pression des doigts....
Combien de temps sont-ils restés ainsi, sans paroles mais en parfaite harmonie....
Et, lorsque sur un "Je t'aime " murmuré, il est parti,
elle l'a regardé, attendrie, disparaitre dans la rue.
La nuit est tombée et l'espoir renait, peut-être..un jour, réapparaitra-t-il, au bout de la rue...."


Mahina  http://adishatz.over-blog.net

Mardi 27 février 2007

    Aujourd'hui ,je publie les textes de Lasidonie et de Martine.Ils sont à lire absolument tout comme les précédents! De vrais bijoux...je me régale!

    Lisez plutôt...

    « Je t’ai aimé , crois moi » 

Assise dans le bus elle  lit « La place » d’annie Ernaux  et butte sur cette phrase « peut être sa plus grande fierté, ou même la justification de son existence, que j’appartienne au monde qui l’avait dédaigné »  

Un discret parfum de lavande la surprend. Elle abandonne sa lecture, lève les yeux. Un homme assis en face d’elle dans le bus fait des mots croisés.  La blancheur de son visage contraste avec ses cheveux très bruns, brillants, lissés en arrière. Ses yeux vifs et noirs sont cerclés de lunettes rondes aux épaisses montures d’écaille.

Sa bouche fine affiche une moue perplexe pendant que sa longue main aux ongles courts et soignés s’agite et remplit hésitante avec un crayon à papier quelques cases blanches.  

L’homme soudain met son crayon dans la poche interne de sa veste bleue marine, referme sa revue de mots croisés et la range dans une serviette plate en cuir noir. Il lève les yeux, l’aperçoit, la contemple avec un regard surpris exprimant à la fois fierté et fragilité. Le bus ralentit, il lui sourit tout en se levant et murmure à son attention : « je t’ai aimé, crois moi » 

Elle le suit du regard. Des larmes, qu’elle ne peut retenir, coulent sur son visage. Le bus s’arrête, l’homme descend allume une cigarette. « Papa » crie t’elle sans pouvoir se lever et le suivre. Elle le regarde attendrie disparaître dans la rue. 

Une sonnerie stridente vient interrompre le bonheur fugace de l’instant. Elle se réveille, son oreiller est trempé de larmes.  Elle se lève laissant derrière elle son passé pour songer à la journée qui débute.  Elle aime la magie de l’aube , ce moment unique où tout est encore possible.

Martine http://www.cergyrama.com

Lundi 26 février 2007

Un rêve d’ombre et de lumière

 

 Décor : une pièce à l’étage, un peu sombre , dans un coin, à gauche,  un poêle à l’ancienne vitré, devant, un petit pouf bas sur lequel est assise une femme d’âge moyen, d’allure jeune, vêtue de rose. A l’arrière dans son dos, sur un siège qu’elle distingue à peine, est assis un homme. Dans l’air retentissent le son de la flûte et la mélodie du concerto « d’Aranjuez ».

  Sous le charme, elle garde les yeux fixés sur le foyer sans flamme. De temps à autre pour rompre la gêne ressentie, ou masquer son trouble,  elle se lève, fait quelque pas puis se rassoit en prenant une pose de fausse assurance.

 Le chant de l’instrument cesse bientôt sous les dernières mesures de la composition musicale. Instinctivement elle tourne la tête, des gouttes de sueur perlent au front de l’homme «  Tu ne pourras pas dire que je ne pense pas à toi » dit-il. « C’était difficile d’adapter ce morceau ». Son cœur bat fort «  Il a joué pour moi ! » pense-t-elle en se dirigeant vers le seuil de la porte qui mène à l’escalier plongé dans une  demi obscurité. Elle s’arrête, tétanisée : il est là, sans une parole….tout prés, ses yeux la suivent. Elle sait qu’il faut juste un peu d’audace pour que cette distance s’abolisse. Mais trop intimidée, elle ne peut que porter son regard sur ses traits : «  pourquoi lui ? Qu’a-t-il de si extraordinaire ? Rien, regarde bien ! » Ces mots martèlent son esprit, mais l’attirance est la plus forte ! Elle esquisse quelques pas puis, sans savoir comment, quelque secondes plus tard elle est tout contre lui, dos tourné, son  buste enserré avec douceur, tendresse, par des bras délicats. En un relâchement total, toute tension brutalement disparue, confiante, elle abandonne sa  tête en arrière sur l’épaule offerte, avide de la chaleur trouvée dans ce contact pudique. Aucun bruit, aucun mot…un moment de pur bonheur, d’éternité.

 

Quelques instants plus tard dans une salle de séjour très faiblement éclairée par le rai de la lumière extérieure qui filtre à travers les persiennes, ils sont assis l’un en face de l’autre, mains tendues l’un vers l’autre. Leurs yeux dans ce clair-obscur ne se quittent plus. Ils baignent dans une sorte de quiétude complice, ouatée, et  n’entendent aucune de leurs paroles mais ce sont celles d’un aveu muet longtemps différé.

 

  Soudain une autre femme fait irruption, regarde, stupéfaite. Avant qu’elle ait pu dire un mot retentit, bien appuyée, mais l’air de rien, une phrase de diversion, banale, enchaînée spontanément. Lui, s’est déjà levé précipitamment, s’affaire prés d’un meuble. Elle, muette, observe, elle n’est pas dupe. Un grand malaise a remplacé la félicité. La glace s’est emparée des corps et des cœurs étreints de culpabilité irrationnelle. Le rêve est devenu cauchemar ! Le cœur battant la chamade la femme en rose ne songe plus qu’à s’enfuir : Comment cacher la forte émotion qui la fait trembler de plénitude et d’angoisse !

 

 La porte franchie, en quelques enjambées elle a gagné la limite du parc tout proche. Un pincement pourtant la pousse à se retourner : la clarté du jour retrouvée dessine une silhouette fragile, marquée par la vie, celle de celui qui, délaissant la pénombre, s’éloigne à pas lassés dans un rayon de soleil. S’imprégner de cet éphémère, en retrouver le merveilleux, le fixer pour toujours dans sa mémoire, elle ne songe qu’à cela !  Alors, immobile, attendrie, elle le regarde disparaître dans la rue, s’évanouir dans l’éblouissement d’un éclair lumineux,  emportant avec lui leurs derniers rêves heureux.

http://lunatiquebleue.over-blog.com

 

Lundi 26 février 2007
 
 
 
  
Elle le regarde, attendrie, disparaître dans la rue. Elle ferme ses yeux très fort, non, les larmes ne gagneront pas aujourd’hui.
Elle s’est longuement préparée à cette absence, ce manque, ce déchirement d’une partie de sa vie, de sa jeunesse.
Pourquoi faut-il en arriver là ? A cette séparation ! Après tant et tant d’heures passées côte à côte, l’un touchant l’autre, ses mains à elle qui l’ont si souvent caressé, tapoté, malmené parfois, toujours si ardemment désiré !
Mais voilà que les larmes commencent à couler, les images se voilent, pourtant bien réelles, si présentes……….
De leurs premiers accords entêtés à l’harmonie parfaite, un si long voyage dans les heures et les jours, une approche à la fois émouvante et presque dramatique parfois dans ses errements, ses maladresses, son désir de perfection !
Les larmes, les sons, réminiscence d’un vécu douloureux, d’un apprivoisement quotidien délicat, d’un jeu de doigts toujours perfectible !

Elle le regarde attendrie, tandis que se joue sur son vieux phono, la petite sonate en ré majeur de son compositeur favori.

Car il faut à tout prix écraser le silence, ce vide infini qui semble vouloir l’engloutir toute entière, la malmener, décupler sa souffrance.
La pièce est nue du vide de l’absent, vertige du manque, dans l’espace et le temps.
Elle revoit les matins et les soirs, l’émerveillement quotidien de le savoir là, tout près, à son réveil. Puis les heures folles, les moments endiablés à faire surgir un bout de mélodie, ses propres créations.
Elle le regarde, éplorée, disparaître là-bas…..
 
Porté par quatre solides gaillards, tel un convoi funèbre, son vieux piano s’éloigne lentement…….
 

 

 
 
 
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