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Samedi 31 mai 2008




Une auto-analyse, faite avec détachement


Je
Je, livré à lui-même,  se fait du mal.
Je s’efforce de ressembler aux autres. La société le veut, émet ses codes, ses lois. Je dois se plier, pour ne pas laisser sa violence éclater et empiéter sur la  vie des autres. Je se rebelle, ne veut pas se soumettre et explose de toutes parts, crie, tape, invective, devient sournois, égoïste. Je est brutal. Seul, Je se réjouit, s’admire, se fait rire, pleurer. Je est vivant ou croit l’être, puis s’appauvrit, se dessèche, plus rien ne l’intéresse, même pas l’envie de maudire, torturer, dénigrer, plus une miette à croquer. La tristesse l’envahit, Je n’a plus goût de rien.
Un jour, étendu sur son lit, ses yeux fixent le plafond, Je voit sa propre mort. Longtemps après, Je imagine son enterrement. Je conviera ses amis, sa famille, ses collègues de travail, ses objets préférés, ses livres, son chat l’entoureront . Cela se passera dans sa ville, sa maison, sa chambre, des musiques choisies retentiront, un bon film programmé à l’écran de télévision. Je construis mentalement son enterrement, et trouve cela bien ennuyeux. Une semaine passe, Je remarque le temps perdu, Je manque de savoir tellement de choses sur le désordre des autres.
Je souris, apaisé et oublie qu’il est Je.

Claude

 

 http://revesetecrituresdalice.over-blog.com
 
par juliette b. publié dans : Claude
Samedi 31 mai 2008



Une dernière rencontre illustrée de souvenirs
d'une personnalité attachante



Un soir, au début de l’automne, elle est appelée auprès de sa grand-mère. Il lui faut prendre la route. C’est long, il pleut. Elle ne l’a pas vue depuis quelques semaines. Elle se rappelle sa dernière visite, le fauteuil poussé dans le couloir, propre mais long, le parc où tombent déjà les feuilles, son regard, éperdu d’être dehors, sa parole, nette, sans apitoiement. Son souhait que tout se termine vite. Elle se détournait pour ne pas montrer ses larmes de trop savoir la souffrance marquée sur le visage. Elle en avait assez d’attendre. De redevenir enfant. Ses yeux se brouillent. Elle veut la prendre dans ses bras comme sa grand-mère le faisait avec elle. Les volets de la chambre sont fermés. Elle devine sa mère et son oncle, les deux enfants. Elle entend la respiration, un léger halètement parfois interrompu par un gémissement. Elle pose la main sur le front, la peau fine presque cassante. La respiration s’apaise. Elle songe aux longues, très longues années de souffrance. Elle se demande pourquoi. Pourquoi la mort tarde-t-elle ? Mais elle se souvient aussi. Quand elles se retrouvaient sur la place puis allaient doucement chez le glacier, quand elle emmenait les enfants chez elle, que leur repas était prêt, et les jeux  familiers qu’elle leur réservait. Elle lui tient la main, elle lui parle. Elle, l’entend puisqu’elle sourit. La nuit se passe ainsi. Peut-être a-t-elle dormi. Le froid les enveloppe. Elle n’a pas peur. Elle emporte le dernier sourire.

Anne-Lise Blanchard



Samedi 31 mai 2008


Ce portrait me fait penser à une chanson....
qui a été célèbre en son temps.


Il...
Il est imparfait

C'est pour ça qu'il me plaît

Il n'est pas vraiment beau

Mais c'est un cadeau
Il n'est pas très grand

Mais très galant

Il ne parle pas beaucoup

Mais il est fou

De moi et je l'avoue
Moi aussi; et dans son cou

Je dépose des mots doux.



Laura


http://lauravanel-coytte.hautetfort.com/



par juliette b. publié dans : Laura
Mercredi 28 mai 2008





Un si beau texte, savant et poétique.....


Le Voleur

 
Il arrive de l’algue, de l’écume, du voyage, laissant ses longues phalanges puissamment haubanées, s’échapper du silence de sa chemise immaculée comme un dimanche. Il sourit, frontalement, et c’est l’océan qui sourit. Il a volé ses yeux à la vague, sa caresse au poisson, son filet au pêcheur.
Il est fils de Pontos.
 
Il a volé sa voix au ciseau de Rodin, au fracas de l’éclatement. Il dit en creusant des carrières, en sculptant du Paros. Et puis, il se repose en partant sur le souffle embrumé d’un tabac, d’une plante d’au-delà.
 
Car autour de lui, pousse une forêt, une jungle chaotique, un amazonien fourre-tout  de mousses, de lichens, d’orchidées anthropomorphes, de larges palmes, et de fleurs géantes qui attrapent le soleil. Il en a pillé la langueur des mangroves, la moiteur des matins d’après, l’essence des ivresses vertes.
 
Il sait le silence des solitudes peuplées et celle des déserts. Il y écoute l’air, et l’autre, y invente le berceau du moment, celui qui ne dure pas pour éviter la mort.
Il ouvre rarement son cœur, au pied de biche, au ventre de la biche, et le referme sur elle dans un rapt lent.
 
Il a volé le temps.
 
 
Copyright © Arthémisia – mai 2008

http://corpsetame.over-blog.com/


par juliette b. publié dans : Arthémisia
Mercredi 28 mai 2008


"Ses yeux dorés, son silence".... oui, c'est un portrait


A genoux

Dans toutes mes nuits, je t'ai rêvée
Dans tous mes jours, je t'ai aimée
Tes mots, tes larmes, tes yeux dorés

A genoux, j'ai passé ma vie
A murmurer ton nom, le coeur serré
A crever mes yeux à te regarder

Dans toutes mes nuits, je t'ai inventée
Dans tous mes jours, je t'ai respirée
Ton silence, ta tristesse, ta piété

A genoux, j'ai passé ma vie
A laisser ta lumière me parler
A laisser ton âme m'illuminer

A genoux.
 
Catherine

http://jecrie-jecris.blogspot.com/
par juliette b. publié dans : catherine
 
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