Une auto-analyse, faite avec détachement
Je
Je, livré à lui-même, se fait du mal.
Je s’efforce de ressembler aux autres. La société le veut, émet ses codes, ses lois. Je dois se plier, pour ne pas laisser sa violence éclater et empiéter sur la vie des autres. Je se rebelle, ne veut pas se soumettre et explose de toutes parts, crie, tape, invective, devient sournois, égoïste. Je est brutal. Seul, Je se réjouit, s’admire, se fait rire, pleurer. Je est vivant ou croit l’être, puis s’appauvrit, se dessèche, plus rien ne l’intéresse, même pas l’envie de maudire, torturer, dénigrer, plus une miette à croquer. La tristesse l’envahit, Je n’a plus goût de rien.
Un jour, étendu sur son lit, ses yeux fixent le plafond, Je voit sa propre mort. Longtemps après, Je imagine son enterrement. Je conviera ses amis, sa famille, ses collègues de travail, ses objets préférés, ses livres, son chat l’entoureront . Cela se passera dans sa ville, sa maison, sa chambre, des musiques choisies retentiront, un bon film programmé à l’écran de télévision. Je construis mentalement son enterrement, et trouve cela bien ennuyeux. Une semaine passe, Je remarque le temps perdu, Je manque de savoir tellement de choses sur le désordre des autres.
Je souris, apaisé et oublie qu’il est Je.
Claude
http://revesetecrituresdalice.over-blog.com
par juliette b.
publié dans :
Claude
Une dernière rencontre illustrée de souvenirs
d'une personnalité attachante
Un soir, au début de l’automne, elle est appelée auprès de sa grand-mère. Il lui faut prendre la route. C’est long, il pleut. Elle ne l’a pas vue depuis quelques semaines. Elle se rappelle sa dernière visite, le fauteuil poussé dans le couloir, propre mais long, le parc où tombent déjà les feuilles, son regard, éperdu d’être dehors, sa parole, nette, sans apitoiement. Son souhait que tout se termine vite. Elle se détournait pour ne pas montrer ses larmes de trop savoir la souffrance marquée sur le visage. Elle en avait assez d’attendre. De redevenir enfant. Ses yeux se brouillent. Elle veut la prendre dans ses bras comme sa grand-mère le faisait avec elle. Les volets de la chambre sont fermés. Elle devine sa mère et son oncle, les deux enfants. Elle entend la respiration, un léger halètement parfois interrompu par un gémissement. Elle pose la main sur le front, la peau fine presque cassante. La respiration s’apaise. Elle songe aux longues, très longues années de souffrance. Elle se demande pourquoi. Pourquoi la mort tarde-t-elle ? Mais elle se souvient aussi. Quand elles se retrouvaient sur la place puis allaient doucement chez le glacier, quand elle emmenait les enfants chez elle, que leur repas était prêt, et les jeux familiers qu’elle leur réservait. Elle lui tient la main, elle lui parle. Elle, l’entend puisqu’elle sourit. La nuit se passe ainsi. Peut-être a-t-elle dormi. Le froid les enveloppe. Elle n’a pas peur. Elle emporte le dernier sourire.
Anne-Lise Blanchard
par juliette b.
Ce portrait me fait penser à une chanson....
qui a été célèbre en son temps.
qui a été célèbre en son temps.
Il...
Il est imparfait
C'est pour ça qu'il me plaît
Il n'est pas vraiment beau
Mais c'est un cadeau
Il n'est pas très grand
Mais très galant
Il ne parle pas beaucoup
Mais il est fou
De moi et je l'avoue
Moi aussi; et dans son cou
Je dépose des mots doux.
Laura
http://lauravanel-coytte.hautetfort.com/
par juliette b.
publié dans :
Laura
Un si beau texte, savant et poétique.....
Le Voleur
Il arrive de l’algue, de l’écume, du voyage, laissant ses longues phalanges puissamment haubanées, s’échapper du silence de sa chemise immaculée comme un dimanche. Il sourit, frontalement, et c’est l’océan qui sourit. Il a volé ses yeux à la vague, sa caresse au poisson, son filet au pêcheur.
Il est fils de Pontos.
Il a volé sa voix au ciseau de Rodin, au fracas de l’éclatement. Il dit en creusant des carrières, en sculptant du Paros. Et puis, il se repose en partant sur le souffle embrumé d’un tabac, d’une plante d’au-delà.
Car autour de lui, pousse une forêt, une jungle chaotique, un amazonien fourre-tout de mousses, de lichens, d’orchidées anthropomorphes, de larges palmes, et de fleurs géantes qui attrapent le soleil. Il en a pillé la langueur des mangroves, la moiteur des matins d’après, l’essence des ivresses vertes.
Il sait le silence des solitudes peuplées et celle des déserts. Il y écoute l’air, et l’autre, y invente le berceau du moment, celui qui ne dure pas pour éviter la mort.
Il ouvre rarement son cœur, au pied de biche, au ventre de la biche, et le referme sur elle dans un rapt lent.
Il a volé le temps.
Copyright © Arthémisia – mai 2008
http://corpsetame.over-blog.com/
par juliette b.
publié dans :
Arthémisia
"Ses yeux dorés, son silence".... oui, c'est un portrait
A genoux
Dans toutes mes nuits, je t'ai rêvée
Dans tous mes jours, je t'ai aimée
Tes mots, tes larmes, tes yeux dorés
A genoux, j'ai passé ma vie
A murmurer ton nom, le coeur serré
A crever mes yeux à te regarder
Dans toutes mes nuits, je t'ai inventée
Dans tous mes jours, je t'ai respirée
Ton silence, ta tristesse, ta piété
A genoux, j'ai passé ma vie
A laisser ta lumière me parler
A laisser ton âme m'illuminer
A genoux.
Catherine
http://jecrie-jecris.blogspot.com/
par juliette b.
publié dans :
catherine