4:Martine 27

Publié le par NatC

Martine.27 - http://moncarnetamalices.over-blog.com

Wolfen

Mais pourquoi me suis-je entêtée à continuer à ma lecture ? Près du feu de bois, je suis prise dans l’intrigue de ce livre d’horreur, mais voilà que la nuit tombant, les ruses de ces bêtes à l’esprit humain, de ces loups-garous, pour piéger leurs proies commencent à me faire gamberger, à éveiller des peurs d’enfant enfouies.

Et pourquoi pas ?

Pourquoi nos villes ne cacheraient-elles pas dans leur ventre, ces prédateurs sans pitié et rusés comme des diables ?

Non décidément cette évocation, oh combien réaliste, de cris de nouveaux-nés, ce cri qui sait si bien éveiller en nous nos instincts de protecteur et qui nous conduit dans la gueule du monstre, sera la dernière chose que je lirai de ce livre.

L’angoisse est trop forte, le « pourquoi pas » tourne encore et encore dans ma tête.

Je ferme le livre, je l’enferme dans la bibliothèque pour que ces démons n’en sortent pas. Je dis au revoir à mes parents, reprends ma voiture pour rentrer chez moi.

Il fait nuit.

La ville déjà est presque morte …

… Mais là sur le trottoir déambulant comme un seigneur dans son fief, je croise ce qui me semble, encore plongée malgré moi dans ma lecture, un immense chien noir.

Et s’ils existaient vraiment ?

Vite ma main se pose sur la fermeture de la porte de la voiture et le cœur battant la chamade, surveillant du coin de l’œil cet immense animal, j’attends que le feu passe au vert.

Vite, vite, rentrer chez moi, mettre ma voiture au garage, sursautant au moindre bruissement du vent.

Vite, vite, vite, monter mes 3 étages, fouiller d’une main fébrile dans mon sac, sortir mes clefs, ne plus savoir laquelle ouvre la porte, la trouver enfin, la poitrine prise dans un étau.

Vite, vite, vite, vite, refermer enfin cette porte sur les terreurs de la nuit, allumer toutes mes lumières et comme l’enfant que j’ai été et qui avait peur du monstre tapi sous le lit, me sentir ridicule mais jeter quand même un coup d’œil dans toutes les cachettes possibles de l’appartement. Fanfaronner en me disant « mais ça ne va pas la tête ma fille, c’est un livre, rien que de la fiction ».

Enfin, après m’être astreinte à toutes les petits riens du soir, se doucher, manger, s’emmitoufler dans un pyjama douillet, après avoir vérifié plusieurs fois que tout est bien fermé,  j e me couche ensuite et je tombe dans un de mes sommeils épouvantables, dont je suis tirée au bout de deux heures environ par une secousse plus affreuse encore.

Ils sont là tapis dans ma chambre, je n’ose allumer ma lumière si je le fais, ils vont me sauter dessus, n’est-ce pas une ombre plus sombre que les autres que je vois là dans le coin de la chambre ?

Tant pis, je risque le coup je sors prudemment ma main de sous la couette et, le cœur au bord des lèvres, j’allume ma lumière.

Eblouie, je cligne des yeux, sont-ils là ?

Rien, il n’y a rien, le soulagement n’envahit, mais je n’arriverai pas à me rendormir, je n’oserai même pas essayer de me rendormir.

Nuit après nuit, pendant 15 jours, m’abrutir de lecture pour tomber d’épuisement, les yeux brûlants, lumière allumée, dans un sommeil chaotique et fiévreux.

Et enfin, enfin, une nuit bénie après avoir lu et relu mes collections de Boule et Bill et de Gaston Lagaffe, livres d’enfant merveilleux dont la joie et la douceur ont, comme un bouclier de contes de fées, repoussé mes terreurs d’adulte, enfin sombrer dans un sommeil réparateur sans cauchemar.

Non, je n’ai rien inventé, ce grand chien noir je l’ai bien rencontré, cette terreur éveillée je l’ai bien vécue après la lecture d’une partie du livre de Whitley Strieber « Wolfen ». Même encore maintenant plus de 20 ans après, je ne peux penser à ce livre sans un frisson « Et si… »

http://www.amazon.fr/Wolfen-dieu-diable-Whitley-Strieber/dp/2277213152

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L
certains livres seraient à éviter  d'être lus le soir mais curieusement ils nous attirent .Un beau récit, j'ai bien aimé
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I
Lorsque j'ai écrit un épisode assez violent d'Agathe, je me suis fait peur un soir... J'ai dû faire quelques parties de solitaire avant d'aller me coucher...<br /> J'imagine ton angoisse et je la comprends.
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B
Même si la peur n'évite pas le danger j'évite les films d'horreur,  ils ont également un grand pouvoir sur ma personne...
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N
Je ris beaucoup car je me retrouve un peu dans ce côté femme-enfant. Souvent quand j'entends des bruits qui proviennent d'un placard(que je ne connais pas) j'imagine qu'il y a une communauté de rats à l'intèrieur! Après m'être bien sermonnée ,j'ouvre le placard et là... surprise et soulagement: le bruit est ni plus ni moins que celui d'une conduite d'eau!<br /> Merci pour cette histoire,je m'emballe dans mes souvenirs mais je viens de vivre un bon moment...<br /> Nat
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A
Dommage si les lectures rendent insomniaque ? <br /> Vivie Boule et Bill et Gaston Lagaffe !!!<br /> ABC
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