Petit matin charmant avec Azalaïs
Au bout de ce petit matin,
le jour, déjà, inouï, nouvelet.
Les brumes se consument
au soleil allumé.
Au bout de ce petit matin,
la terre patiemment,
au creux de chaque pli
des collines en marche
écume longuement
le vert tendre des prés.
Au bout de ce petit matin,
des rêves incertains
s’ébrouent furtivement
dans les herbes dormantes,
à la cime des chênes,
au flanc des vieilles combes,
dans le silence frais
des mousses vagabondes.
Au bout de ce petit matin,
la paix, la paix,
comme un fruit rond offert.
Azalaïs
marge-ou-greve.over.blog.com
le jour, déjà, inouï, nouvelet.
Les brumes se consument
au soleil allumé.
Au bout de ce petit matin,
la terre patiemment,
au creux de chaque pli
des collines en marche
écume longuement
le vert tendre des prés.
Au bout de ce petit matin,
des rêves incertains
s’ébrouent furtivement
dans les herbes dormantes,
à la cime des chênes,
au flanc des vieilles combes,
dans le silence frais
des mousses vagabondes.
Au bout de ce petit matin,
la paix, la paix,
comme un fruit rond offert.
Azalaïs
marge-ou-greve.over.blog.com
par juliette b.
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Azalaïs
Et Azalaïs n'était pas inspirée !!!!
Chaque fois je découvre chacune si différente
Chaque fois je découvre chacune si différente
Confidences
- Ce fut une belle cérémonie, vraiment …
- Tu as vu le cerisier du père Amchin, il croulait sous les fruits… Et tous ces merles dedans, on eut dit des corbeaux !
- Il était si étrange ce texte : Ne reste pas à te lamenter devant ma tombe, je n’y suis pas, je ne suis pas mort.
- Je n’ai même pas vu fleurir les cerisiers cette année !
- Le crois-tu toi, qu’il n’est pas mort ?
- Je ne veux pas que tu te maries avec ce Monsieur D’Argeville !
- Je n’y suis pas, je ne dors pas…
- Je sais qu’ils avaient tout préparé. Je les ai entendus ! Il est venu se coller contre moi au cimetière ! Je le trouve répugnant !
- La chatte de Mme Granier a eu des petits. Il y en a un tout roux avec des yeux verts ! Nous pourrions en adopter un ? J’ai toujours rêvé d’avoir un chat !
- Je ne veux pas, tu m’entends, je ne veux pas !
- Nous allons avoir de l’orage ce soir, les hirondelles sont devenues folles !
- Je me demande comment tu as pu pendant toutes ces années ? Comment as-tu pu supporter, accepter cela ?
- Et si nous allions à la mer le mois prochain ? Tante Angeline nous a si souvent invitées ! Nous pourrions acheter un cheval, nettoyer la calèche et demander à Firmin de nous conduire ? La campagne est si belle à cette saison !
- C’est moi qui l’ai tué … Je ne voulais plus tu comprends, je ne pouvais plus… Il était là, devant cette fenêtre, à moitié ivre, comme toujours… C’est pratique l’alcool, ça vous excuse tout ! ça vous donne des droits ! Et moi, j’avais si peur… Mon cœur cognait si fort… La peur, parfois, ça vous donne un courage terrible… Toutes ces peurs accumulées… ça m’a donné une telle force… Et ce fut un tel soulagement quand je l’ai vu en bas, son corps tout disloqué, comme une marionnette ! Une telle joie ! Je le hais tellement… Il ne fera plus jamais de mal à personne maintenant et je te dis moi, qu’il est bien dans son trou, qu’il n’est ni la douce pluie d’automne, ni la lumière du soleil, ni la douce étoile qui brille le nuit… Ce curé est un âne que je ne veux plus voir ici ! Je suis certaine qu’il savait lui aussi ! Si nous devons le revoir un jour, ce sera en enfer !
- Je crois qu’une tisane nous fera le plus grand bien…
Azalaïs
marge-ou-greve.over-blog.com/
par juliette b.
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Azalaïs
Aza dit ce tableau destabilisant,
mais son interprétation est très intéressante
Voyez nos pieds
Voyez nos mains
Nous sommes encore là
Mais nous n’exigeons rien
Nous sommes encore là
Presque plus des humains
Ce que nos yeux ont vu
Ne porte pas de nom
Ce que nos yeux ont vu
Ne se met pas en mots
Ecrivez donc pour nous
Qui sommes quelque part
En lisière du temps
Dans l’indicible ailleurs
Des horreurs renaissantes
Qui viendra réchauffer
La pierre de nos cœurs
Ne reste plus que l’impossible
Azalaïs
http://marge-ou-greve.com
par juliette b.
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Azalaïs
Étrange; vraiment étrange rencontre
S'il te plait Aza, traduit-nous l'étrange chanson"
S'il te plait Aza, traduit-nous l'étrange chanson"
Il était un peu nerveux. Il ne savait pas du tout comment il serait accueilli. Se produire en dehors du cirque, c’était pour lui une expérience nouvelle. Les enfants et leurs rires allaient lui manquer, mais aussi, la chaleur de la piste, les particules de poussière qui dansaient dans la lumière, l’odeur des animaux, l’orchestre qui accentuait le moindre de ses gestes ! Il était trop tard pour reculer ! Il y avait longtemps qu’il avait envie de démarrer cette tournée parallèle dans plusieurs établissements : hôpitaux, maisons de retraite, prisons …
Devant lui, la gardienne ouvrait froidement une série de portes aux serrures complexes. D’ordinaire, quand il se trouvait dans un endroit nouveau, il fonctionnait comme une éponge. Il enregistrait avec un grand sens du détail tout ce qui l’entourait et s’en servait ensuite pour étoffer ses numéros. Mais dans ce couloir sans fin, baigné dans une lueur glauque venue de nulle part, chacune des portes qui se refermaient lui étreignait le cœur.
Il arriva d’un coup dans la lumière, projeté dans ce petit espace, en essayant de cacher de son mieux l’angoisse qui lui serrait le ventre. Il évalua d’un coup d’œil rapide cette centaine de femmes vêtues de joggings et de tee-shirts informes. Il flottait dans la salle un parfum de tabac et de parfums bon marché. Certaines avaient fait un effort et s’étaient maquillées. Aussitôt, les répliques fusèrent, drôles, cyniques, décalées, obscènes parfois. Elles se protégeaient comme elles pouvaient du trop plein d émotions qui risquait de les envahir. Elles étaient malgré tout bon public et l’échange était stimulant, même si l’alchimie n’était pas la même que sous le chapiteau.
Dés le départ, il s’était cherché une ou deux accroches dans le public, un regard un peu plus attentif, une allure différente, une manière de rire … Très vite, il l’avait remarquée, légèrement en dehors du groupe, en bout de rang, les yeux tournés vers la fenêtre. Ce qui le frappa d’emblée, c’était sa façon d’être en dehors de tout, murée dans une sorte d’univers inaccessible aux autres. De ce corps longiligne et terriblement droit, de ce visage inerte, émanait une sorte de frontière invisible qui tenait le reste de la salle à l’écart. Elle faisait presque peur, pourtant elle l’attirait comme un grand puits sans fond.
Il se mit à vider le contenu ses poches : l’énorme clé avec la chaussure qui couine, le bandonéon asthmatique, l’immense serviette qu’il noua autour de son cou, la plante factice qui se mit à pousser lorsqu’il l’arrosa, le bout de papier qui lui servait de lettre et dont il changeait la teneur en fonction de l’inspiration du moment. Elle pouvait être une lettre de sa mère, une lettre de rupture ou de licenciement, mais là, sans trop savoir pourquoi, il en fit une partition musicale qu’il se mit en devoir de déchiffrer de façon maladroite. Il se grattait la gorge, faisait des vocalises, tentait de placer sa voix comme une cantatrice loufoque. Note après note, l’image de Chaplin dans les Temps modernes s’imposa à lui et il improvisa sur le thème de « Je cherche après Titine, Titine oh ! ma Titine ! »
Dans la salle, les femmes l’apostrophaient bruyamment, cherchant la surenchère dans les réparties grivoises ! Les matones hésitaient entre le rire et l’intervention. Dès le début de l’air, il perçut un changement dans son maintien. Elle ne regardait plus vers la fenêtre, sa tête avait légèrement basculé sur le côté, elle avait joint les mains sous le menton, un peu de rose avait surgi tout en haut de ses joues comme si quelque part, un petit feu venait de s’allumer. Il eut la sensation qu’un fil très mince s’était tendu entre elle et lui. Il sentit la fissure, le verrou qui venait de sauter, les petits bouts d’histoire qui tentaient de faire surface…
A la fin du numéro, elle ne se leva pas, n’applaudit pas avec les autres. Elle continuait de le fixer, immobile, les yeux soudain remplis de larmes. Il quitta la prison comme un somnambule dans un sac de coton. Deux mois plus tard, on lui remit une lettre fatiguée, couvertes de tampons et qui avait dû le poursuivre sans succès dans un grand nombre de villes. Sur l’enveloppe il lut : Monsieur Patoche, Clown au cirque Médrano, France. Alors, il sortit de sa poche son petit bandonéon et se mit à chanter :
« Se bella piu satore, je notre so catore,
Je notre qui cavore, je la qu’, la qui, la quai!
Le spinash or le busho, cigaretto toto bello,
Ce rakish spagoletto, si la tu, la tu, la tua!
Senora pelefima, voulez-vous le taximeter,
La zionta sur le tita, tu le tu le tu le wa! »
Azalaïs
par juliette b.
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Azalaïs
Deux personnages atypiques
Lui Tous les soirs, c’est le même rituel ! Il surgit dans la lumière, arpente l’endroit d’un air préoccupé, examine le sol, repousse de son pied quelques cailloux imaginaires, déplie son pliant de façon extrêmement méticuleuse, vérifie son aplomb et s’assoit en clignant des yeux d’aise ! Puis, tout aussi méthodique, le voilà qui se met en devoir de vider le contenu de ses poches : une énorme clé à laquelle est attachée une chaussure qui couine (ça l’amuse beaucoup !), un bandonéon asthmatique, une immense serviette qu’il noue précautionneusement autour de son cou, une plante factice qui se met à pousser lorsqu’il l’arrose avec son petit arrosoir, une lettre qui lui arrache un flot de larmes et, enfin, un minuscule sandwich qu’il picore amoureusement en le faisant durer !
Mais voilà que surgit derrière lui, un autre personnage qui avance à pas de loup et lui balance un pétard sous la chaise ! Il fait alors un bon de deux mètres en avant, tourne effaré comme une toupie en essayant de sauver son maigre butin … La foule hurle de rire, les enfants crient : « Patoche ! Patoche ! Patoche ! » Il est clown au cirque Médrano !
Il aurait pu sans doute se choisir une tout autre route, un tout autre destin ! Dans sa famille, on était militaire, juriste, médecin, évêque, industriel, ministre … Mais lui, c’est clown qu’il avait voulu être et depuis tout petit, depuis que sa tante l’avait emmené en cachette de ses parents au cirque Bouglione pour son anniversaire !
Elle Une journée de plus … ou de moins, c’est selon ! Assise au pied de la fenêtre, elle entrevoit les branches hautes du platane de la cour. Un couple de tourterelles s’y pose tous les soirs. Parfois, elle se dit qu’elles ne viennent que pour elle et se surprend à leur confier ses rêves ! A qui d’autre pourrait-elle les confier ? Ici, les femmes font toutes le même rêve, elles racontent toutes les mêmes histoires, elles font toutes les mêmes projets : changer de vie, repartir à zéro !
Parfois, elle écrit tout ça dans un carnet à spirales qu’elle garde toujours sur elle, avec, à l’intérieur, la photo de ses deux enfants. Ils ont le regard triste des enfants de la peur ! La nuit, elle pose tendrement la photo contre sa joue, elle ferme les yeux et murmure à mi-voix toutes les berceuses qu’elle leur chantait autrefois. « La ferme Saskia » ronchonne sa voisine !
Comment en était-elle arrivée là ? Fallait-il endurer ce calvaire plus longtemps ? Et puis, elle ne l’avait pas fait exprès ! Elle s’était juste protégée avec une chaise et quand elle l’avait repoussé, il avait basculé en arrière. Sa tête avait heurté un coin en fer forgé de la table basse du salon et il était mort sur le coup ! C’était de la légitime défense. Mais comme elle avait déjà un casier judiciaire pour vol de nourriture dans une grande surface, la justice n’avait pas été clémente avec elle. Alors, elle prie en silence lorsque les étoiles s’allument une à une dans le ciel, elle prie pour obtenir une remise de peine, elle prie pour que la révision du procès soit acceptée, elle prie pour revoir ses enfants, elle prie pour que la vie lui accorde une autre chance !
Azalaïs
marge-ou-greve.over-blog.com
par juliette b.
publié dans :
Azalaïs