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Dimanche 3 février 2008



Malgré tout l'espoir



L’ombre d’un chagrin matin,
Le temps qui s’incruste malin,
La silhouette affaissée,
Désabusée.

Que voyez-vous dans le miroir ?

La vie qui s’emmêle d’impairs
L’œil qui perd ses repères
La joue affaissée
Désabusée.

Que voyez-vous dans le miroir ?

Rien, ce n’est qu’un reflet incertain
L’illusion d’un  visage qui se teint
La lèvre affaissée
Désabusée.

Que voyez-vous dans le miroir ?

Celui qui, tendresse d’aujourd’hui,
Donne à l’avenir l’espoir qui sourit
Le sourcil étonné
Emoustillé.


Polly

http://
mpolly.over-blog.com


par juliette b. publié dans : Polly
Dimanche 6 janvier 2008


 Une idée très personnelle de Polly sur ce thème


Chère Madeleine,
 
Je t'avais point dit comme t'étais belle ce soir là sous les lampions. Je t'avais point dit que je t'aimais dès que tu fis apparition. Je t'avais point dit cela parce que moi je sais pas trop faire avec les mots. Je suis plus doué avec la fourche et la faux pour parler aux champs.
On avait bien dansé tous les deux, t'avais un peu rougi quand je t'ai proposé et je trouvais touchant ton petit minois timide. On avait valsé sur la place au son de l'accordéon, et t'avais l'air d'aimer qu'on tourne ensemble sur les flonflons. Et puis, il est arrivé, et tu m'as plus regardé. Il t'a serré la taille avec ses mains de prince, et t'as dû l'écouter parce que tu souriais et même que tu riais des fois. Et moi, je restai là à te regarder dans ton cotillon blanc et ton joli corsage, et je m'assombrissais sous les lumières de fête de la St Jean.
Bientôt c'est le 14 juillet, et y a le bal au canton. Alors je me disais que si je t'écrivais tu serais peut-être d'accord pour qu'on le danse ensemble.
J'ai ouï-dire que ton prince était reparti dans sa ville, et que tu pleures beaucoup. Je suis sûr que je saurai te consoler, et si je suis pas riche j'ai quelques bêtes et trois champs qui peuvent aider à nourrir une famille.
J'ai pas bien d'orthographe, pas bien de poésie, mais j'ai des sentiments, et si tu le veux bien on pourrait  aller jusqu'aux épousailles.
 
J'attends ta réponse, fais-la passer par la Marie qui est ta bonne amie.
 
Bien à toi,
Jeannot.




par juliette b publié dans : Polly
Dimanche 16 décembre 2007



L'imagination des participants ne m'étonne pas,
mais me ravit.

Bravo à tous et toutes




Une fois un, un
Une fois deux,  deux
Chantait l’enfant sur sa marelle
Un fois trois, trois
Récitait-elle en atteignant le ciel

Et le soir sur la petite table en formica, sa mère aux fourneaux lui rappelle la chanson du un, du deux, du trois, ainsi de suite jusqu’au cinq.
Elle module la voix, elle place un mi, un do, un si.
Appliquée, elle répète.
Etourdie elle se trompe.

Les mains qui rythment dans le saladier maman rit.
Et recommence.
L’enfant sourit.
Et se concentre.
Ainsi de suite jusqu’au repas.

Quand le père entre elle est contente.
Elle a conquis ravie les chiffres de la mélodie.
Alors elle chante.
Pour lui, pour qu’il soit fier, pour qu’il lui dise ces mots doux dans le cou.

Mais le père est en colère.
Journée mauvaise, journée d’enfer et lui demande si elle comprend le sens de sa chanson.
Pourquoi le trois plus trois, ce qui fait deux trois devient un six et le trois plus trois plus trois, ce qui fait trois trois devient un neuf.
En elle tout s’emmêle quand il explique la ritournelle.

Et le mur qui sépare se dresse sur la table en formica entre le père qui débite en mâchant ces nombres qui prospèrent, et l’enfant dont la fourchette trace dans la purée un dessin de marelle et des chiffres de jeu.

Dans son petit lit de coton bleu, maman vient tendrement chanter une dernière fois les cinq couplets de la table de multiplication, mais sa petite tête est emplie de chagrin et le refrain est oublié. Elle sait déjà que papa n’aura pas ce soir pour elle de bisous doux dans le cou.


Polly

mpolly.over-blog.com



par juliette b publié dans : Polly
Mardi 4 décembre 2007



Une vie toute faite de briques, avec si peu d'espoirs



Le mur intérieur.
Dès l'enfance il se construit, brique après brique.
Une gifle, un coup, maman qui me détruit.
Des milliers de briques.
Adolescent il s'endurcit, enduit sur enduit.
Un baiser, un rejet, la trahison qui se poursuit
Des millions de briques.
 
Adulte une plume plus douce ouvre un huis.
La rencontre, un amour qui se construit.
La porte s'élargit.
 
La plume est trop légère et s'enfuit.
Un cri, une douleur, la fermeture se rebâtit.
Des milliards de briques.
Le cœur s'entend à peine tout rétréci.
Les claques de la vie, le mur s'épaissit.
Doublées triplées les briques.


Polly,
http://mpolly.over-blog.com


par juliette b publié dans : Polly
Mercredi 21 novembre 2007



Des regrets, encore, toujours



Soudain il est lointain, soudain elle est lointaine.
Dans le regard de l’une l’absence se précise,
Dans le regard de l’autre la rétine s’égare
Sur les belles passantes qui ornent le café.

Sur la table de marbre couleur de marjolaine
Le verre tambourine l’oubli de toute crise.
Lui demeure dans sa pipe et sa fumée s’égare
Vers les belles passantes qui ornent sa journée.

Elle l’avait épousée robe blanche avec traîne
Ce beau peintre barbu dont elle était éprise.
Il l’avait mariée, mais las d’elle il s’égare
Sur ces belles passantes qui jouent dans ses soirées.

Engloutie par tristesse cette fiole de haine
La ramène transie dans l’absurdité grise,
Pendant qu’il l’abandonne, car déjà il s’égare
Sur la belle passante qui trémousse à côté.

Polly


http://mpolly.over-blog.com


par juliette b publié dans : Polly
 
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