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Samedi 5 avril 2008



Elle est "Reflets" dans ses moments de paix,
mais abysse dans ses colères...
.



Reflets

La mer, apaisante et sacrée,
Ne reflète que le ciel
Où tout s'oublie,
Où tout se fond…
 
Sur la plage de solitude
La vaine errance de la mer
Abandonne par terre
Ses larmes d'écumes

Échouée sur le sable, mourante
Submergée de mélancolie
Noyée par l'extravagante folie
Elle ramasse, les coquillages de l'attente

Sombre et lumineux silence
Aux temps des clartés agonisantes
Tu as su te faire aimante
Résonance de mon enfance

La mer, apaisante et sacrée,
Ne reflète que le ciel
Où tout s'oublie,
Où tout se fond…

Amanieu

http://amanieu.over-blog.com/
par juliette b. publié dans : Amanieu
Mercredi 12 mars 2008


"Un jour s'était enfin levé"


Ce dimanche de mars n'était aux yeux de Nathalie ni plus morne, ni plus radieux qu'un autre. Il ressemblait aux dimanches, aux autres jours qui se succédaient, aux jours d'hiver ou même à ceux d'automne, d'été ou de printemps. Les jours et les semaines s'égrenaient sans trêve…
Elle ne le savait pas encore mais ce dimanche de mars signifiait pour elle le commencement d'un renouveau…
A l'heure qu'il était.
Nathalie, un verre de lait menthe à la main, descendait le large escalier de pierre menant au parc. Elle avançait dans les allées lentement, chargée du poids d'une vie qu'elle n'avait encore pu vivre. Elle regardait autour d'elle, sans rien voir, tout glissait, s'estompait, s'effaçait aussitôt. Mais à son grand étonnement, son regard resta fixé sur un point, face à elle, tout au fond du parc.
Nathalie ne savait pas si elle pouvait se fier à ses yeux, là contre le tronc du vieux chêne, alors que son regard allait se détacher à nouveau, elle aperçut dans le flou qui l'entourait une main qui s'agitait, une main tendue vers elle, une main, une vraie main. Elle crut défaillir, son monde intérieur s'immobilisa, dans un silence étourdissant elle entendait son cœur battre, le sang monter à ses tempes, pour la première fois elle avait la sensation de puiser la vie à sa source, pour la première fois, elle échappait au cours des choses, un changement profond était en train de s'accomplir; elle hésitait, ne savait plus…
Mue par une audace soudaine elle s'avança, à la fois étonnée et troublée par cette rencontre inattendue.
Enfin, le moment arriva. Nathalie, soulevée par une foi insensée se dirigea, non sans quelque appréhension, vers Augustin dont le geste l'avait bouleversée, il venait lui aussi à sa rencontre.
Obéissant à un même mouvement, Nathalie et Augustin abandonnèrent le parc, se dirigèrent vers la maison, gravirent l'escalier en pierre - celui que Nathalie avait emprunté dix minutes plutôt. Pourtant ce n'était plus le même escalier, il sembla à Nathalie qu'il s'était métamorphosé entre temps, qu'il s'agissait à présent d'un escalier bien réel, purifié des rêves qui s'y étaient accrochés. Cet homme à ses côtés avait-il le pouvoir de rendre claire la vie, de déchirer le voile qui la faisait paraître inaccessible et flou - avait t-il le pouvoir de lui offrir la vie ?
La terrasse était couverte par de grosses dalles de pierre et on entendait nettement le bruit régulier de leurs pas. Soudain, le pied d'Augustin heurta un caillou, il se baissa pour le ramasser. Le caillou dans la main, il se tourna vers Nathalie:
- Vous aimez les pierres ? demanda t-il.
Elle répondit que oui et il demanda pourquoi.
Nathalie sans hésiter, avoua:
- Parce que je suis une pierre.
Augustin sourit, comme s'il n'était pas étonné, mais plutôt soulagé et même heureux de recevoir une telle réponse, si bien que Nathalie se sentit libérée. Il lui sembla que cet homme la déchargeait du poids du passé, du fardeau des souvenirs, de l'impossible…
Il la regarda à nouveau et dit, sur un ton moqueur et indulgent à la fois:
- Moi, j'aime les voyages, mais je n'ai jamais voyagé, ou peut-être trop voyagé…
Nathalie était touchée par ces paroles mystérieuses, elle les comprenait. Bien sûr, elle n'aurait pas pu dire ce qu'elles signifiaient exactement, mais cela n'avait soudain aucune importance et elle ne ressentait ni gène ni dépit. Il prit la main de Nathalie et lui dit:
- Demain aussi il fera jour.
Désormais, elle n'était plus seule et perdue. Un jour s'était enfin levé, quittant le cours indifférent du temps, un jour qui ne devrait plus connaître de fin. Ce jour là, Nathalie vint au monde.
                                                                                            Amanieu
                                                                                            
amanieu.over-blog.com/
par juliette b. publié dans : Amanieu
Jeudi 6 mars 2008



Deux solitudes......


ELLE s'appelle Nathalie, mais pour ses amis, c'est Nat. Ce n'est pas très original mais ce petit diminutif lui convient très bien. Elle commence à peine à se remettre de la mort brutale de ses parents, disparus il y a quelques mois dans un accident de voiture. Elle, si souriante, devient taciturne. Ses repas, elle les prend seule; pas de viande, uniquement des légumes et des fruits de saison.
Le Dupont en or de son père qu'elle conserve dans sa poche, bien qu'elle ne fume pas, et l'alliance de sa mère qu'elle porte sur une chaînette autour de son cou, évoquent à chaque instant les images du passé.
Sa mère était froide et distante, mais cette séparation forcée n'a fait qu'augmenter son affection pour elle.
La lecture, son passe-temps favori, l'aide beaucoup. La disparition de ses parents a bouleversé sa vie affective, mais aussi professionnelle. Elle a dû arrêter ses études d'histoire de l'art pour reprendre la propriété familiale, mais elle ne regrette rien, elle adore cette grande maison et les vignes qui grimpent jusqu'au coteau.
Elle a peur de l'avenir, peur de perdre sa jeunesse…
Quand le temps le permet, elle aime s'installer près de la fontaine pour tenir à jour son journal intime. Elle peut rester là de longs moments, sans rien écrire, pinçant avec ses lèvres l'extrémité de son stylo à plume.
Au plus chaud de la journée, elle se fait un lait menthe bien froid qu'elle boit à petites gorgées en se promenant dans le parc.
Ses voisins, les métayers de la propriété, lui ont offert un chaton pour lui tenir compagnie; elle adore les chats et en a déjà trois.
Le repas du soir terminé, elle ferme la lourde porte de la maison, donne deux tours de clefs, suspend cette dernière à un clou par son anneau en bronze, puis monte se coucher. Après quelques pages de lecture, elle trouve le sommeil rapidement, mais dort très mal. Ses nuits sont agitée par des cauchemars, toujours les mêmes, une histoire compliquée remplie d'extra-terrestres…
 



LUI c'est Augustin mais tout le monde l'appelle Gus. A ses moments perdus il va gratter au fond de son puits où dans sa vieille cave médiévale. Tout le butin qu'il trouve lors de ces fouilles, il le met dans ce très vieux coffre en fer, le seul objet à ses yeux qui revêt quelque intérêt. Il le tient de sa mère, une mère possessive qu'il ne voit pas beaucoup. Il met beaucoup de temps à s'endormir et a le sommeil léger. Ses rêves sont agités; ce qui hante ses nuits c'est de penser qu'un jour il se retrouvera seul. Il est d'un naturel peu souriant, préfère l'hiver à l'été et ne supporte pas la chaleur. Ses voisins, bien sur il les croise, de temps à autres, mais ne sait rien d'eux; les connaître il s'en moque, ça ne l'intéresse pas instant. Le plus souvent il mange debout, en marchant de long en large, du pain, un morceau de fromage ou du saucisson, puis s'assied pour boire un café noir sans sucre, il a horreur du sucre. Les dimanches après-midi, quand il fait beau il part se promener à la campagne, c'est une nécessité pour lui. Il prend alors la clefs de sa voiture, un vieux coupé DS, qu'il sort toutes les semaines. Il se dit à chaque fois qu'il faudrait changer de porte clef, un peu encombrant cette balle de tennis au bout de cette si petite clef ! Une direction au hasard, et le voilà qui roule pendant une demi-heure, ou trois quart d'heure , trouve un endroit sympa, s'arrête. En général il s'assied contre le tronc d'un vieil arbre pour lire et prendre des notes. Il prend toujours des notes des lectures qu'il fait. Aujourd'hui il va commencer son huitième cahier, toujours le même rituel avant même de lire, il attrape le petit couteau pliant qui se trouve dans la poche droite de son pantalon et taille le crayon à papier qui lui sert à griffonner les pages vierges, attrape le thermos bouillant et se sert un grand verre de thé à la menthe , sans sucre bien sûr, rien de tel pour se rafraîchir quand il fait chaud.
                                                                                          AMANIEU


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par juliette b. publié dans : Amanieu
 
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