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Lundi 21 juillet 2008


Cela évoque des ourgans dévastateurs.
 Est-il si facile de les oublier ?


 
Départ
 
« Gouttes de pluie, comme des larmes »
 
Tristes sont les gouttes de pluie, comme des larmes.
Elles cognent à la vitre dans un grand vacarme.
La mère, éplorée, ouvre sa fenêtre,
Une, puis deux, puis un vol de gouttes  dans la chambre, pénètre.
Médusée, la mère  fond en pleurs abondants
Désolées ! les gouttes de pluie, car, fouettées par le vent
S’imposent ainsi, violemment
De manière quasiment impolie.
La mère, de chagrin, jette de noirs sanglots
Les gouttes de pluie entre à grands flots.
Bientôt, tout   ruisselle sur l’armoire, lampes et mouchoir
Elles esquissent une valse autour d’elle, pour la consoler.
Les hoquets sont plus doux, les soubresauts du corps s’estompent.
Le vent se calme, les rafales cessent petit à petit
Quand un timide rayon de soleil lui sourit, elle  sourit aussi.
D’une main sèche ses larmes, de l’autre ferme la croisée.
 Un au revoir, non pas un adieu.
Tristesse s’envole de ce lieu.
 
Claude
 
http://revesetecrituresdalice.over-blog.com
 
par juliette b. publié dans : Claude
Mercredi 11 juin 2008


Qui est cet absent, un ami, un frère, un père ?
 
 
L'absence
 
Dès le soir, elle ne se lasse pas de relire  « le coureur des bois ». Comme perdue dans un songe, le buste incliné, un appui léger de son visage sur ses phalanges, elle ne voit pas sa sœur.
La jeune femme blonde, assise près d’elle, le buste droit, le regard vide d’espérance,  contemple la nappe mexicaine, ce dernier cadeau attise ses larmes. Elle a posé son livre près de la fleur tombée du vase. Bientôt, la fleur se fanera, comme il vieillira loin d’elles.
-     Ecoute, si nous partions en voyage au Mexique ?
-     Deux femmes seules ne voyagent pas si loin ! et puis il ne nous a pas demandé de venir.
-     Nous nous passerons de sa permission !
-     Maman n’aurait pas aimé…
-     Maman n’est plus, il nous manque tant !
-     Toujours la même discussion ! je ne suis pas d’accord.
-     Eh bien je partirai seule,
-     Tais-toi, je suis l’aînée et je décide !
-     Tant pis, je jette ton billet de traversée !
 
Un lourd silence  s’ensuivit…
Claude
 
 
hhhhhhhh
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par juliette b. publié dans : Claude
Samedi 31 mai 2008




Une auto-analyse, faite avec détachement


Je
Je, livré à lui-même,  se fait du mal.
Je s’efforce de ressembler aux autres. La société le veut, émet ses codes, ses lois. Je dois se plier, pour ne pas laisser sa violence éclater et empiéter sur la  vie des autres. Je se rebelle, ne veut pas se soumettre et explose de toutes parts, crie, tape, invective, devient sournois, égoïste. Je est brutal. Seul, Je se réjouit, s’admire, se fait rire, pleurer. Je est vivant ou croit l’être, puis s’appauvrit, se dessèche, plus rien ne l’intéresse, même pas l’envie de maudire, torturer, dénigrer, plus une miette à croquer. La tristesse l’envahit, Je n’a plus goût de rien.
Un jour, étendu sur son lit, ses yeux fixent le plafond, Je voit sa propre mort. Longtemps après, Je imagine son enterrement. Je conviera ses amis, sa famille, ses collègues de travail, ses objets préférés, ses livres, son chat l’entoureront . Cela se passera dans sa ville, sa maison, sa chambre, des musiques choisies retentiront, un bon film programmé à l’écran de télévision. Je construis mentalement son enterrement, et trouve cela bien ennuyeux. Une semaine passe, Je remarque le temps perdu, Je manque de savoir tellement de choses sur le désordre des autres.
Je souris, apaisé et oublie qu’il est Je.

Claude

 

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par juliette b. publié dans : Claude
Mardi 20 mai 2008


"La lente âme des lieux"....
On pense au poète : "Ici tout est calme et volupté"

 
Paisible
 
A la tombée du jour, le bleu
Bleu  qui entoure
 
Et puis, L’ocre
Ocre des murs  centenaires
 
Se dessine sur l’eau claire
L’ alchimie  des  pierres
Calme reflet sans aires
 
En cette journée de printemps
S’allongent les draps de lumière
Sans voile de  brume
 
Le toit au lichen doré
Etale ses années
 
Absente, la clarté sombre de la vie
Combien d’orages éclatés,
De tempêtes affrontées,
Effacés ?
 
La lente âme des lieux
Ecoute les bruits de l’eau
Du ciel, des hommes,
Rougeoie, seule
Dans le lointain de l’île.
 
 Claude
 
 
 
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par juliette b. publié dans : Claude
Dimanche 27 avril 2008

Claude nous propose un original travail de tissage subtil dans un tango fait de réponses aux souvenirs du passé, une histoire de deux corps recomposant l’Histoire.


C'est le temps du tango,
Sur le fond jaune du soleil couchant,
Les danseurs gravent le sol à en perdre l'âme.
Au son des pas glissés, au froissement des étoffes,
Se creusent les désirs de la foule grave et fervente.
De figures austères aux figures lascives,
Les corps enlacés tissent leurs souvenirs,
Se mèlent à leurs peaux, odeurs chaudes et lentes.
 
Sous le faisceau des projecteurs,
Brillent les estrellas,
Robe chatoyante collée à la ligne noire de l'homme.
    - Tes pas s'accordent aux miens,
Répression politique, exil,
       Tu me serres plus fort,
        Nos bras s'arrondissent, nos jambes s'étirent,
Ta peine s'estompe, liberté retrouvée.
        Je tourne sur moi-même, tu improvises,
        Ralentis la marche, je m'éloigne,
        Un mal délicieux s'empare de l'espace
        Entre nos deux corps, une respiration.
        Dans l'allégresse, tu m'attires avec hardiesse,
        J'exécute des prouesses au bout de tes doigts.
        Le bandonéon pleure, grave, mélancolique,
Tu pleures ta mère, tes aieux.
        Loin de toi, je t'attends, te désire,
        Tu reviens à petits pas, d'un geste passionné,
        M'incite à me cambrer.
par juliette b. publié dans : Claude
 
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