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Mercredi 28 mars 2007

Il m’appelle Armande.

Il aime me caresser, sentir mes reins sauvages bondir dans les forêts
et par- dessus les fleuves. Sa main sans se lasser lustre ma peau de
soie et fait chanter mes creux d’un feulement si rauque qu’il déchire
la nuit.

Il connaît tous mes rythmes et m’impose les siens. Lorsque dans l’ombre
douce il dépose un murmure, mes vibrations s’allument. Et quand il
vient fourrer mes braises mes fournaises, quand il vient me chauffer
plongeant jusques au col à brûler son regard mon souffle s’accélère et
tutoierait le ciel.

Armande
ce matin le printemps
fanfaron
ne verra plus glisser le beau panache blanc
le longs de tes frissons
ardents

J’ai le cœur àbandonéon..

Il pleut larmes de lui, j’ai mal à mes tempi pour mon dernier voyage.

Le lac d’Annecy est muet
profond comme un tableau

Je ne les verrai plus les grands sapins penchés au bord des courants
d’eau
mon âme est en lambeaux

Il pleure larmes de suie sur l’époque évanouie des vaches regardant,
assises sur leur train, passer le genre humain qui s’en va, au charbon.
J’ai mal à mes wagons.

Ô tendreté d’amande du printemps qui commence,
on m’a mise à l’amende
habillé mes buissons
aux rêves éclectiques
de grands pylônesgris, tristesses électriques
bandées comme des arcs sur ces voies parallèles où , seuls , nous nous
aimons.


Je m’appellais Armande
en début de matinée
ce monde délirant qui à la douceur peau
préfère la vitesse et ses gliclures blanches
ce monde m’a rangée
à l’éternelle nuit...

Viviane


http://voyages-en-poesie.over-blog.com/

Lundi 5 mars 2007

Ils n’ont pas fini les travaux.

je me demande bien pourquoi j’attends ici un chocolat chaud alors
qu’ils n’ont pas fini les travaux

Je suis arrivée par le fond il n’y avait pas de vitre
juste les rails
mais sans wagon
ni locaux

J’attends un chocolat
chaud

On ne voit pas encore les quais
mais il y aura de la lumière
et un bouquet
qu’ils changeront à chaque rame

Il n’y a pas encore de drame
sous les roues

L’absence
qui me dira l’absence
cette table de silence
et de bois

J’ai gardé mon chapeau
est-ce que ça se voit
que j’ai un peu
froid?

Je ne sais pas si je pense à quelque chose
tout autour pourrait être rose s’il n’y avait cette béance dans mon dos

Ce blanc je vous raconte
ce blanc dans le tunnel ce sont mes os
l’épine dorsale de mes mises à nu
mon spina bifida jamais résolu


Allez vous en
la porte à gauche semble accessible
mais surtout
ne passez pas par le fond où ils n’ont pas fini les travaux

Je voudrais un choc
colle à chaud

..................................

 

Viviane http://voyages-en-poesie.over-blog.com

Vendredi 23 février 2007

  Délace sans délais Tes lacets, Des lassos, des lazzis te pourchassent L’antique citadelle dès l’aurore s’encrasse D’un déluge de feu et des lanceurs de sabres Délestent leur macabre Délation de métal Jusque dessus la mer D’elle au bord se prélasse L’hirondelle délicate qui va à tire d’aile Susurrer dans l’oreille de la roide haridelle Les couplets délicieux d’un délirant rondel. Des lits délictueux il te faut faire deuil C’est délit de tromper ton amant, déloyal, Délace tes lacets, infidèle, vers le seuil Tes pieds nus te délivrent, car te sera fatale L’opprobre des lascars délayant leur fureur. Dans l’ espace délabré , ils cibleront ton cœur Trop.. déluré…. ... Et puis un autre Didon dina dit -on Du dos d''un dodu dindon. Du tout du tout vous dis-je. Enée deTroie, dingue de guerre L'abandonna dans sa Carthage La dodue duègne conconctait De délicats poisons ourdis Dans son alambic-jalousie. Dole, malade , alanguie Didon la dinde du nez menée Par Belinda la démagogue (Qui dominait la lente et digne) Didon un soir dine, dépitée De décoctions douces aigries. Mais les légendes ont la vie dure Plus que la vie des reines de coeur Et Belinda me direz- vous? La duègne ronde en rit encore.............

Viviane http://voyages-en-poesie.over-blog.com

Dimanche 18 février 2007
Aujourd'hui je publie la contribution de Viviane que j'accueille ici avec grand plaisir, celle de mon ami Le Ménestrel et puis l'étonnant JC...
Leurs textes sont de vrais bijoux! N'hésitez pas à mettre vos commentaires...merci pour eux.
Pour la consigne de la semaine retournez dans la catégorie "déclencheurs",colonne de gauche.
 Vingt et deux  sur son baton d'or
Vêtu de peu s'éloigne
Vers l'absence.
Vingt et deux ne veut pas de la Cité des hommes
Vains palais d'artifices, somptueuses marches
Vénéneuses présences.
Vingt et deux ne sait pas ces fausses
Valeurs grimaçantes , insultes pacotilles au
Véritable avoir.
Voilier d'une mer mue de sage ignorance
Vacuité sublime son âme danse
Vivante et lucide.
Vibration du blanc au bout de son baton
Vocalise du silence et du non-nécéssaire
Vois-le creuser le vent, la nuit, la terre....
Vingt et deux serait- il le fou de la cité?
Va-t-il au pur hasard des croix sur les sentiers
Vagabond? Non...
Voyageur du seul, il tend vers ce
Vide qui l'aspire et le remplit d'Etre,
Vers l'au-delà limite de toute parole, il
Va......

Viviane


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