2:Joël
Il y a quelques temps, j’ai eu quelques jours de congés. J’ai pris le train pour la Haute-Savoie, j’avais envie de revoir le Lac d’Annecy et ses environs.
C’était le matin d’une belle journée ensoleillée.
Quand je suis entré dans le wagon vide, quelle agréable surprise de voir une belle jeune femme, seule, un peu triste, le regard dans le vague. Après avoir fait quelques kilomètres, j’osais lui adresser la parole, en essayant de ne pas donner de moi cette image de dragueur invétéré qui nous colle à la peau à cause d’idiots. Non seulement, elle était jolie comme un cœur mais je m’aperçus qu’elle était d’une gentillesse extraordinaire. Elle avait vraiment tout pour plaire, l’instruction, l’humilité et cette gentillesse qui passait par sa douce voix.
Elle me dit s’appeler Armande, elle se serait appelée Nath ou Steph que j’aurais flashé pour elle de la même façon. Nous avons passé un moment à dialoguer, à parler de nos vies, de nos soucis, plus rien ne comptait, le temps s’était comme arrêté ses côtés. Mais, même dans les plus beaux rêves, tout a une fin. Elle me dit qu’elle avait quelqu’un dans sa vie, je fus déçu mais en même temps, je savais qu’elle n’aurait pu m’aimer car je ne le voulais pas vraiment en ce moment.
Je lui expliquais que j’avais un ennemi féroce qui me détruisait depuis des années, un handicap qui avait gâché ma vie. Comment font les femmes pour aimer ce petit corps démoli que je suis ? Je me suis toujours posé cette question. Armande était attristée par mes propos, comme si elle se sentait coupable de ne pouvoir m’aimer, m’aider…
Je suis certain que je rencontrerai une autre Armande, dans un autre wagon, qui saura que l’âme d’un individu est très importante aussi et que l’amour de cette personne peut-être encore plus fort encore avec une différence. Mais, je n’oublierai jamais Armande et ses jolis yeux bleus en amandes. Si tout le monde pouvait respecter son prochain…comme elle, ma belle.
Joël.