LE RÊVE DE JM, un "nouveau"

Publié le par NatC


Voici un "petit nouveau", qu'il soit le bienvenu parmi nous....je vous laisse apprécier......


Le premier rêve

Il y a un chemin, assez large, il est empierré de cailloux blancs, au milieu d'une prairie à l'herbe si courte qu'on dirait un gazon entretenu. Pas de fossés sur les côtés, juste des petites mousses qui viennent mourir au bord.
Il n'y a qu'un arbre, non loin, maigre, pas très haut, quelques feuilles vertes et grises, qui vibrent sur des branches frêles.
Il y a du vent, mais il n'est pas froid et la température est douce, comme une fin d'après-midi de septembre, le ciel bleu est effiloché de nuages longs qui parfois filtrent le soleil presque au couchant. Pourtant la lumière est vive, plus vive qu'à l'habitude, tout semble comme une photo surexposée.
Au loin, la mer, en contrebas et à perte de vue, le chemin dirige donc vers la falaise.
Des moutons nombreux, blanc éclatant sur une eau bleue si foncée. J'aime cette mer. Elle n'est pas ample et souple comme l'océan des marins, elle n'est pas claire et douce comme celle de mon île. Elle veut être autrement belle. Le vent qui souffle gentiment sur terre paraît violent avec elle.
On n'entend aucun bruit, pas un chant d'oiseau, pas de murmure dans les feuilles, mais ce silence parait normal, sans raison.
Tu es là, tu marches, devant moi, à quelques pas, je te suis, sans te rejoindre.
Tu es habillée d'une robe antique, couleur écrue, en toile légère. Elle est nouée sur tes épaules par de minces cordons, elle dénude largement ton dos, tes bras sont libres. Une ceinture de fils de coton d'or t'enserre la taille, mais la finesse du tissu lui permet de voler au vent, découvrant parfois tes jambes assez haut, jusqu'au milieu de tes cuisses, tu ne fais aucun mouvement pour discipliner la toile volage. Ta robe me paraît presque transparente parfois. J'ai l'impression de percevoir la courbe du bas de ton dos, le sillon ondulant qui rejoint ta cuisse à chacun de tes pas. Tu es pieds nus. Je ne parle pas, tu ne me dis rien, parfois tu te retournes et je m'arrête. Tu me regardes avec un air un peu boudeur, un peu amusé, tu soupires, à contre-jour, je devine les formes plus sombres de tes seins, puis tu reprends ta route. Je comprends qu'on s'approche de l'extrémité, qu'après ce pas de plus, il n'y a plus que le vide sous la falaise. Tu t'arrêtes à nouveau à cette limite extrême, indifférente à la fascination du néant, mais cette fois tu ne te retournes pas, ton regard plonge à l'horizon de l'océan, tu es immobile. J'hésite à te rejoindre, autant parce que tu parais songer une absence, que par crainte de te surprendre maladroitement. Le temps me semble infini, puis sans me regarder, de ta main tu me fais le signe de m'approcher. J'hésite un instant, puis je franchis l'espace qui me conduit à ton dos. Je n'ai pas d'autre choix. Mon regard se perd dans la même direction que le tien, je sens tes cheveux qui frôlent mon visage, le vertige de toi me prend.
Et puis le vent s'essouffle peu à peu, la mer rentre ses moutons, les nuages s'évaporent d'eux mêmes, le soleil décline sa lumière en sombre. On entend à nouveau, faiblement, le chant d'un oiseau. Insouciante, tu te tournes vers moi, adossée au vide et à l'océan, tes mains prennent les miennes, tu te dresses sur la pointe des pieds, tu poses un baiser sur ma joue, tu glisses tes lèvres contre mon oreille et tu murmures comme pour me rassurer, rentrons... Rien ne viendra de mal ce soir. 
JM

http://minuitdixhuit.over-blog.com/


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M
Merci pour vos commentaires agréables. A bientôt, peut-être pour de nouvelles aventures...
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B
Une belle histoire que l'on aimerait vivre quelques instants !Bravo et bienvenue !
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B
Vraiment magnifique, du bonheur pur.
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C
woua! ;-)
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A
C'est tout simplement beau, le paysage, l'ambiance, les sentiments, les envies, les craintes, l'instant de présence l'un à l'autre, tout est dit, bien dit, joli !
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