LE CHÊNE ANCESTRAL DE LILOUNETTE
Belle Druidesse, voilà un beau chant en l'honneur du roi des arbres.
Très b eau Liliane
Le grand chêne ancestral
Chaque année, l’hiver venu, pleurait un grand chêne.
Il n’acceptait pas son impuissance, quand la morne saison l’obligeait à se dévêtir, exhibant ses longs bras d’ébène noueux qui le désolait, tant il se voyait vieux.
Son exil au milieu de la prairie vierge de végétation, silencieuse et endormie renforçait ses sanglots, et il vivait son agonie en solitaire, du moins le croyait-il.
Dès le premier cri d’un nouveau-né percé à travers sang lorsque les mères enfantaient, jusqu’aux chairs périssables qui laissaient de multiples noms gravés sur des portes ou venelles, il demeurait un ultime prédécesseur.
Et de la vingtième à la dernière génération, tous mes aïeux étaient là, moi je restais sa druidesse, altière comme lui, lorsqu’il se couvrait
à nouveau avec sagesse et sobriété.
Quant à mes ancêtres, ils me regardaient, l’âme dans les nuages, transférant leurs mythes, et mettant en scène des labeurs, des croyances, des mystères.
J’observais cet arbre dans toute sa puissance,
chacun des couloirs empruntés aboutissant à une vie.
Ce grand chêne restait invulnérable, un géant, qui faisait la popularité
d’une immense famille,
abritant images et oiseaux par milliers.
Il était à la fois le culte des morts et celui du cœur,
que je vénérais
inexorablement, lui le majestueux,
le plus noble de tous les arbres.
Je lui connaissais ces rites funèbres immuables,
lorsque le solstice d’hiver paraissait.
Aussi ses élégies restaient mystiques jusqu’à l’aube printanière
où il redevenait glorieux.
Et son oraison n’était autre qu’un murmure, un long soupir
avant qu’il ne poursuive ses méandres ancestraux,
au-delà de la terre et du ciel sur toutes les frontières.
Lilounette
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