AU REVOIR L'ÉTÉ de ROLAND

Publié le par juliette




Roland rêve encore aux fleurs de Tournesol



Salut l’Eté 2007, salut l’artiste. A peine commencée, ta carrière semble arriver à sa fin, tout du moins pour cette année. De journées maussades sous la grisaille où tu avais bien du mal à commencer ta saison,  aux aurores  présageant un soleil bienfaiteur, juin malgré quelques belles  envolées  promettait  des jours meilleurs. Pourtant l’on vit des corps ruisselants se prélasser sous l’azur de juillet, des jeunes gens hâlés courir le long des plages, et offrir  comme chaque année leur  jeunesse et leurs cris  de joie aux embruns  océaniques. Dans nos campagnes, nos montagnes, août vit ses pèlerinages de bons marcheurs, parfois sous des cieux cléments, parfois sous des soleils cuisants, mais aussi parfois dans le froid. Ce fut un été étrange et capricieux, tantôt brûlant, tantôt sombre, mais ce que je retiens de toi et garde précieusement en moi, ce fut quand même cette journée de juin, tes premiers pas dans  ta saison estivale. Rappelles-toi.
Des fleurs de tournesol. Dieu comme elles étaient belles. Les couleurs du champ ressemblaient à s’y méprendre à un tableau de Van Gogh.  Les parfums de l’aurore distillaient des arômes que toi seul l’Eté tu  sais inventer. Par pur plaisir et bonheur, sans me soucier de l’heure, je laissais mon esprit vagabonder et mon pas m’entraîner sur quelques sentiers encore humides de rosée. L’air était déjà chaud, j’avais le cœur  léger  comme pour une invitation à la poésie, à l’amour. L’Eté était là, tu étais bien  présent dans les cœurs, sur les chemins, tu  brûlais de tes  mille feux. Mais je ne pouvais flâner indéfiniment, le soleil déjà haut semblait me dire : «  Faut y aller vieux ». « D’accord, j’ai à faire, mais ce soir en repassant, je m’arrête à nouveau  et je cueille quelques fleurs de tournesol pour ma bien aimée. Elle les adore.» lui répondis-je  à voix haute sans me soucier un instant que quelqu’un puisse  m’entendre.
Sur la route du retour, des nuages noirs  déversaient par grosses goûtes leur trop plein. «  Tu ne m’auras pas. Tu es un Eté lunatique. D’abord  tu es arrivé au mois d’avril nous mettant le goût à la bouche, ensuite tu es  reparti je ne sais où  et,  ce matin c’est grand beau.  Maintenant que j’ai tout mon temps, tu commences à faire des tiennes. D’accord tu as des orages, je t’ai aussi offert les miens quelques fois, lors de mes amours d’été, mais ce soir tant pis, tu peux gronder et gémir je m’arrête quand même. » Les tournesols semblaient  baisser la tête de fatigue tellement la pluie redoublait de violence. « Tu vas être tout trempé, comme tu dois l’aimer. » me dit l’un d’eux. Je le cueillis  sans ménagement : « T’en fais pas pour moi, j’ai l’âme romantique et ce n’est  pas quelques goûtes de pluie qui m’arrêteront. »   lui répondis-je en le tenant fermement de peur qu’il ne s’abîme sous la violence de la bourrasque. A peine mon bouquet ramassé, qu’un rayon de soleil joua à cache cache  avec encore quelques cumulonimbus égarés, prenant  un chemin incertain. Puis l’air se réchauffa, une vapeur enveloppa la campagne et je perçus au fond de moi un bien être  tranquille.
Aujourd’hui mes tournesols sont fanés, les feuilles jaunissent  et la nature s’habille de couleurs chaudes, comme pour se préserver de l’Hiver. Je compte mes printemps, mes étés à l’automne de ma vie.  Un doux soleil  jette encore sa lumière sur quelques  hirondelles en partance, j’entends au loin  à nouveau le rire des enfants jouant dans la cour de l’école, le laboureur retourne son champ, l’automne est là maintenant.

Roland Laurent

blog : roland01laurent.over-blog.fr

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A
Quelle balade !
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A
Heureux celui qui sait prendre le temps pour sa belle et les tournesols !
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