GOUTTES DE PLUIE de MICHEL
La pluie peut être si douce
Certaines caresses font pleurer, a dit une écrivaine, on dirait qu’elles consolent…
Qu’elles consolent ?
Consolent des chagrins ressurgis des abîmes pour mieux être effacés, comme le déchet sur le pavé des villes, le hennissement du cheval fou dans l’abattoir des guerres, le souvenir du vivant à la croisée des routes alors que tournent les soleils en deuil autour de leurs planètes noyées… Consolent des cadavres d’amour dont les effluves remontés du passé viennent poser sur toute chose un parfum d’amertume…
Gouttes de pluie, sanglots de pluie, torrents de pluie qui sont un baume à la terre assoiffée, engloutissement des peines dans le ruissellement des eaux, l'effacement des rides…
Le crépitement des gouttes, le martèlement des gouttes, et peu à peu le goutte à goutte, la dernière goutte enfin, le silence…
Et un nouveau soleil, un soleil neuf souriant au monde après la pluie d’été, l’herbe reverdissant, un arc-en-ciel parfois, main tendue de l’Olympe en direction des hommes…
Les parapluies se ferment, les mouchoirs s’engloutissent dans les poches, et le garnement de se ruer dehors, de sauter dans les flaques, de maculer ses habits du dimanche, de voir dans un grondement du Père son dessert lui passer sous le nez.
Michel Cornillon
chroniquevirgule.canalblog.com
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