17:François

Publié le par NatC

Pour la millième fois elle déplie le papier, ses yeux inlassablement en parcours les lignes. 

« Mademoiselle, 

Depuis bientôt un mois, je prends le train du matin, votre train.  Dés le premier voyage vous m’avez envoûté. Votre regard bleu pâle, presque translucide, a transpercé mon âme. Avant de m’endormir, de sombrer dans mes rêves, vos yeux me dévisagent, ils protègent ma nuit.

Votre parfum subtil, délicat, épicé, enivre mon esprit, colonise mes sens. Il n’est pas une minute où cette odeur m’obsède, je la cherche partout, la trouve nulle part que dans l’attente sans fin du lendemain matin.

Lorsque au loin j’aperçois votre chevelure blonde, ondulante tombant sur vos épaules c’est un Botticelli qui se dévoile à moi. Je rêve tout éveiller de pouvoir les toucher, laisser glisser mes doigts entre ces fils d’or.

Vous voir descendre du train  est un enchantement, d’une démarche féline, légèrement chaloupée vous survolez le quai avant de disparaître par la porte rue de Rome.

Pendant quarante minutes,  je n’existe que par vous, rien ne pourrait distraire mon attention tant mon attachement est déjà si profond.

Je sais me direz-vous, je suis bien impudent, oser parler ainsi sans être présenter. D’avance je m’en excuse mais le temps fait défaut, l’armée m’a rappelé je pars au Vietnam.

Acceptez s’il vous plait  une rencontre vendredi 17 heures brasserie de la gare St lazare.

Un seul mot de vous peut transformer ma vie illuminer mon cœur.

Paris le 6 mai 1953

Ludovic » 

Doucement elle replie la feuille pour ne pas l’abîmer, elle est là elle attend. Comme chaque semaine elle attend, une larme perle le long de sa joue, cette fois encore il ne viendra  pas. Elle boit doucement son café. Elle ouvre son sac, sort une enveloppe jaunie à l’entête de l’armée, y range la précieuse lettre. Dans l’enveloppe, un autre pli, celui la, elle ne veut pas le lire, elle en connaît par cœur les termes.  

« Madame,

Nous vous transmettons cette lettre trouvée sur le soldat Ludovic D tombé au champs d’honneur à Diên Biên Phû, mort pour ….» 

Mort pour qui, un jeune garçon qui n’avait que l’amour à donner,  à lui donner. On le lui a volé avant de le connaître. Maintenant elle est seule comme tous les vendredi soir à la brasserie gare St Lazare, elle attend le dernier train, après tout les erreurs ça existe peut-être  viendra-t-il.     

François
 

La plume est  la langue de l'âme

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A
SLENDIDE récit d'une meurtrissure infinie...<br /> Arthémisia
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P
Je suis toujours extrèmement ému de lire tes textes, ils sont vraiment magnifique, j'en pleurerai presque, bravo François c'est vraiment excellent...<br /> Bisous
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B
Plein de douceur, une très belle histoire conté à merveille. Merci
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F
Une lettre d'amour sensible, comme toute femme rêve d'en recevoir.... sauf dans ces circonstances horribles,<br /> qui donnent froid dans le dos. Bravo
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A
j'ai adore! tu nous a emmenes avec des mots simples mais choisis avec soin dans une belle histoire au gout d'inacheve.superbe
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