DIVINE IMPRUDENCE de JULIETTE
Ne vous inquiétez pas, je serai toujours là pour vous
Juliette
Comme je le fais parfois, (pas trop souvent pour ne pas gaspiller notre eau devenue si précieuse) ce matin j’ai eu une grande envie de prendre un bain, très chaud.
Je m’y suis plongée avec délices….
Et je me retrouve là d’où je vous observe (je n’ai pas le droit de vous faire de révélations sur le lieu).
Je vois M., entre-bailler la porte, il me parle, comme je semble dormir, il s’approche et me secoue un peu, je ne bouge pas…et pour cause.
Une hésitation, une interrogation, une contrariété se lisent successivement sur son visage.
Il va chercher le téléphone et fait un numéro. Il se trompe, bien sûr, d’abord le 13, puis le 17, balbutie quelques explications, on le renvoie au 18, il tombe enfin ! chez les pompiers. …
Quelques longues minutes, il hésite, vide la baignoire, mais sans le soutien de l’eau, mon corps s’affaisse, il essaie de me retenir en soupirant « oh ! mon dos ».
La porte s’ouvre, ils sont là ces braves gars de pompiers, ils me sortent de la baignoire et m’étendent sur le tapis de bain. On commence à m’appuyer violemment sur le thorax, en rythme, puis un joli garçon me fait le bouche à bouche…pas mal, et recommence les pressions sur la poitrine (j’aime moins). Le bouche à bouche c’est tout de même ce que je préfère
Le médecin du Samu arrive enfin, m’ausculte, me fait un electrocardiogramme : il est désespéremment plat (ça je le lui auraits bien dit).
« elle est morte…. »
(C’est sûr)
Entre temps les voisines sont arrivées, bien entendu ! alertées par tout ce tintamarre et les gyrophares.
Mme E . se précipite au cou de M., Mme R. pleure à gros sanglots, son mari aussi est là.
Ils sont tous à me regarder, toute nue. Heureusement je ne suis pas trop mal faite, je n’ai jamais grossi, j’ai les jambes longues, les hanches étroites, une poitrine petite bien sûr, mais assez fermes.
Bon, quelqu’un va peut-être penser à me couvrir…. On étend ma robe de chambre violette sur moi et on me porte dans ma chambre.
Bye, bye ! Juliette
Le médecin du Samu donne à M. un papier, ça doit être l’attestation de décès. Il le pose…n’importe où …et dans un quart d’heure ne saura plus ce qu’il en a fait ! Et ne pas compter sur moi pour le retrouver.
Entouré de ses pleureuses, il va s’affaler sur « mon » fauteuil et murmure en s’essuyant les yeux, (il pleure vraiment ?)
« et en plus,elle ne savait même pas nager »
Alors là ! je me retourne (avec peut-être un peu trop de violence pour un futur Ange) :
Ah ! Mon Dieu ! non! il ne va pas perdre la tête maintenant !
Juliette
www.beaudroit.com
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