POISON VERT d'AZALAÏS
Cher Toulouse-Lautrec, sont talent était immense, mais pour supporter ses jambes infirmes, il fallait l'amitié des femmes, leur pitié chaleureuse....
On dit qu’il a encore changé l’Toulouse ! Les lui faut toutes : la Valadon, la Goulue, la Guilbert, la Jeanne, la Rouge, la Blanche, toutes j’te dis, les trotteuses, les crapaudes, les danseuses, les chanteuses… Ah ! l’a pas peur de se choper la chtouille le nabot ! Paraît pourtant qu’il est dans la noblesse, comme qui dirait un comte quoi avec des terres et des châteaux ! Un jour, même qu’y m’a appelé sa princesse !
C’est vrai qu’j’avais d’l’allure quand j’étais écuyère au cirque Fernando ! Ah ! Fallait m’voir sur la piste ! Ca c’était du spectacle ! Fallait voir ces figures ! J’te jure ! C’était aut’chose que l’French Cancan ! Enfin, y avait l’Cancan mais sur un canasson ! Même l’gars Seurat, il est venu m’croquer !
C’est-y ma faute à moi si c’te carne a pris peur quand j’faisais ma voltige ? Devrait l’savoir pourtant l’Lautrec c’que ça fait d’avoir les os en pièces ! Maint’nant, même à la rue des Moulins, y a pas d’trimard pour moi ! Paraît que l’client, l’aime pas les éclopées ! Comme si les filles, elles, z’avaient le droit de faire les pignocheuses ! Non mais j’te jure ! On s’demande de quel côté qu’il est c’te bon Dieu là ! M’avait bien promis qui m’laisserait pas tomber l’artiste ! Mais la clownesse, a su s’tailler une place ! Cha-U-Kao, qu’elle s’appelle ! C’est-y un nom ça ?
Depuis, ma vie, c’est plus qu’un poison vert ! Y en a qui disent que Degas et Renoir y cherchent des modèles dans les bistrots ! T’y crois toi à c’t’histoire ?
Azalaïs
(marge-ou-greve.over-blog.com/)
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