LE BAL À JOJO de LILOUNETTE
Et ce n'est pas au bal que Lilounette a rencontré
son prince charmant,
comme quoi il ne faut pas croire
aux Contes de Fées....
son prince charmant,
comme quoi il ne faut pas croire
aux Contes de Fées....
Allez les copains’ donnez-vous la main, je vous emmène au bal à Jojo, un bal sous rotonde à la campagne, au parquet luisant, où l’on s’amuse comme des fous.
Dépêchez vous, faites-vous tamponner le dessus de la main pour entrer, papa m’a donné la permission de minuit.
J’entendais déjà les flonflons de l’accordéon, ces rengaines d’André Verchuren qui se taisaient pour faire place aux grands slows tant attendus : « elle était si jolie », « tombe la neige », « Capri c’est fini », « Aline »…
Je ne manquais aucune danse, elle était là tenace, m’imprégnait le corps comme un alcool, et j’avais ma « petite bande » pour assurer les pas de la valse au tango, paso-doble, madison, sirtaki, toutes, sauf le slow.
Là, c’était des inconnus que je convoitais du regard pour cette danse, de grands blonds aux yeux bleus de préférence
Assise sur la banquette j’ attendais que l’on me tende poliment la main, avec un petit sourire s’il vous plaît, et la flamme d’un désir dans l’œil.
Jamais je ne trouverai mon prince charmant dans ce décor, il y avait tant et tant de jeunes gens différents les uns des autres : les campagnards qui semblaient sortir pour la première fois, engourdis. Les excentriques banlieusards, de passage et sur le trente et un. Là pour la drague et souffler une belle ingénue pour la nuit dans leur voiture de sport, un fils à papa, et ceux-là me sortaient des yeux.
Il y avait ces timides, qui voulaient mais n’osaient pas, qui trouvaient mal leurs mots, bégayaient parfois et dont on se moquait. Ceux qui avaient encore la canette de bière à la main, sentaient l’alcool et la cigarette, sûr que parfois il leur fallait au moins ces ‘accessoires’ pour les aider, ils étaient si pauvres par leur physique ! Et moi, si difficile !
Aussi, quand je m’engageais sur la piste, c’était de bon choix. Puis quand je sentais une main me caresser la nuque, soulever mes cheveux, que ma tête s’abandonnait sur l’épaule de mon partenaire, que je commençais à baigner dans le plaisir, il était presque minuit .Le charme était rompu.
Je baissais la tête et m’en allait, le cœur serré, au moment où je pouvais le mieux savourer ce moment présent.
En quittant le bal, je m’étais heurtée à quelqu’un. Il tenait un casque à la main. Il s’excusait, me souriait, se retournait à nouveau, me souriait encore.
Il avait les yeux bleus, il était grand, mon cœur battait très fort, se serrait encore plus, je partais en rêvant. Lui, c’était lui, mon prince, je le sentais .Il m’attendrait, il reviendrait, je le savais.
Nous avons vécu ensemble, comme dans un conte de fée une belle histoire d’amour, durant des années…Et pour narrer cette anecdote comme un vieux film, j’ai dû tourner plus de 14600 pages…dont une par jour ou presque.
lilounette
http://au-fil-des-jours.over-blog.org/
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